Lettre d'information n° 63 - octobre 2016

Affaire Alstom : nous avons plus que jamais besoin d’un pilotage économique, industriel, politique.

Intervenant en session plénière du Parlement européen réuni à Strasbourg lors du débat sur la nécessité d’une politique européenne de réindustrialisation à la lumière des récentes affaires Caterpillar et Alstom, Marielle de SARNEZ a déclaré :

« Bien sûr, je forme le vœu que ces deux entreprises trouvent une issue positive et, en particulier, qu’Alstom puisse rester sur le site de Belfort avec un carnet de commandes suffisant.

Il faut regarder les choses en face : il y a pour ces deux entreprises, en tous cas pour Alstom, des responsabilités largement partagées.

La France a une grande responsabilité. Cela fait plus de dix ans que nous avons des promesses répétées dans tous les sens, sans aucune cohérence, sans aucune vision, et que de ce point de vue-là, il y a une responsabilité nationale.

L’Europe a aussi une part de responsabilité. Nous avons depuis de très nombreuses années une absence totale de pilotage économique, industriel, politique revendiqué sur ces questions.

Il est vraiment temps que ça change. Il est plus que temps d’agir. Nous devons donner des signes, montrer que l’Europe est décidée enfin à mener une politique économique et industrielle. Nous devons agir pour ne plus subir.

Je vous propose que nous agissions dans quelques directions :

Un symbole fort serait que tous les chefs d’État et de gouvernement défendent enfin un changement du mandat de la BCE. Qu’elle ne soit pas seulement en charge des questions de croissance mais aussi de la question vitale du plein emploi. Ceci serait un signal politique extrêmement positif.  

La commission doit en prendre conscience, repenser les règles de la concurrence. La concurrence aujourd’hui est mondiale. Oui, nous devons avoir des grands champions européens. Et la Commission ne doit pas l’empêcher comme ça a été le cas par le passé.

Nous avons besoin de vrais plans d’investissement. Un plan d’investissement puissance dix, qui soit concentré sur tous les secteurs d’avenir et de recherche, s’appuyant sur l’épargne européenne et, pourquoi pas, comme Gérard Deprez l’a dit tout à l’heure, un fonds d’investissement industriel.

Enfin, nous avons besoin de défendre nos intérêts commerciaux. Nous ne devons pas être plus naïfs que les Américains.  Le Congrès américain défend les intérêts économiques des Américains. J’attends que les institutions européennes défendent les intérêts économiques des Européens et, en particulier, refusent d’octroyer à la Chine le statut d’économie de marché à la fin de l’année. »

 

(Texte de la résolution adoptée par le Parlement européen)

Retrouvez toutes les lettres d’information de Marielle de Sarnez, députée européenne d’Ile de France et présidente de la délégation du Mouvement Démocrate au Parlement européen.
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