Lettre d’information n°9 – mai 2010

Edito

La création, dans la nuit du 9 au 10 mai, d’un mécanisme de stabilisation financière pour les pays de la zone euro en difficulté pour emprunter sur le marché  obligataire est le signal européen que nous attendions. L’émission d’euro-obligations par la Commission européenne, gagées par le budget de l’UE et garanties par les États membres, était la solution que nous préconisions depuis des mois. L’Union européenne se décide enfin à exister. Et à ne pas laisser les marchés agir à sa place. C’est une bonne nouvelle.

Mais cet accord, aussi important soit-il, ne peut-être qu’une première étape. Plus que jamais, et au plus vite, il faut construire les bases d’une gouvernance économique européenne.

Cela passe par la pérennisation du mécanisme de stabilisation, limité à 3 ans, à travers la création d’un véritable Fonds monétaire européen, sans plus d’intervention du FMI, ouvrant la voie à la création sur le long terme d’un marché obligataire européen permettant d’en finir avec les « spreads », ces différentiels de taux d’intérêts qui plombent les efforts consentis par les États emprunteurs au détriment d’une politique de croissance.

L’Union européenne devra aussi se doter d’une Agence de notation européenne chargée d’évaluer les dettes des États membres, sur des critères connus, publics et transparents, privilégiant le développement de l’économie réelle.

Mais rien de tout cela n’aura de sens, si nous ne sommes pas capables de nous doter d’une politique économique commune. Seules des mesures coordonnées pourront renforcer la cohésion sociale et économique de l’ensemble de la zone euro et de l’Union européenne.

Ce débat doit aussi se tenir à l’Assemblée nationale et au Sénat car soyons clairs: si l’on veut un gouvernement économique européen, il n’est plus possible de voter en vase clos en fin d’année le budget annuel; c’est au plus tard au début de l’été que tous les projets de budgets nationaux doivent être confrontés si l’on veut enfin aboutir à des synergies pour l’investissement public au sein de l’UE.

Tout ceci doit se faire dans le cadre d’une politique de retour à l’équilibre des finances publiques, dans l’Union européenne, comme en France. C’est en effet la seule voie possible pour assainir nos comptes, mais aussi, et surtout, pour dégager les marges de manœuvre dont nous avons besoin, particulièrement en France, pour investir et préparer l’avenir.