Lettre d’information n°9 – mai 2010

Billet d’humeur.

Pour retrouver le chemin de la croissance, approfondissons le seul instrument de politique économique commune dont l’Union européenne dispose aujourd’hui : le marché unique. C’est tout l’objet du rapport que vient de rendre Mario Monti. L’ancien commissaire fait un constat lucide : il est, d’une part, indispensable de relancer le grand marché intérieur européen mais il est, d’autre part, non moins indispensable pour y parvenir de répondre aux préoccupations de nos concitoyens. Deux critiques de fond sont particulièrement partagées et exigent un changement radical. La première concerne la fiscalité. La concurrence fiscale entre les États membres conduit à un abaissement des ressources nécessaires au financement de nos systèmes sociaux que nos populations n’acceptent plus, qu’on le veuille ou non. Il faut donc, y compris à travers des coopérations renforcées dans un premier temps, améliorer la coopération fiscale. Le second changement est sur le front extérieur. Nos concitoyens ont l’impression que le marché unique est une cible mouvante : on leur a annoncé qu’ils seraient en compétition avec des voisins et des partenaires respectant les mêmes règles, or ils constatent chaque jour dans leur travail et leurs achats qu’ils sont de plus en plus en compétition avec des pays tiers qui ne respectent aucune de nos règles. Si nous voulons éviter la tentation protectionniste, il est crucial de porter dans les négociations commerciales internationales le respect de nos règles et de nos standards en échange de l’accès à notre marché, déjà le plus ouvert du monde.

Yannick Laude.