Lettre d’information n°11 – juin 2010

Edito

De nombreux Européens se sont rendus aux urnes ces dernières semaines. Le 14 avril en Hongrie, la droite a largement remporté les élections législatives face au parti social-démocrate du gouvernement sortant. Le 12 juin en Slovaquie, la gauche, pourtant arrivée en tête au premier tour, a dû s’incliner face à une majorité composée des partis de centre-droit. Aux Pays-Bas, aucun leader incontesté n’est sorti des urnes néerlandaises. Seule certitude : un net virage à droite s’est opéré dans ce pays guère habitué aux remous politiques. En pleine crise institutionnelle, la Belgique a connu un triomphe des séparatistes flamands aux élections anticipées du 13 juin. L’exception vient de la Pologne : à la veille du second tour de la présidentielle, la droite devra désormais compter avec les sociaux-démocrates. On assiste donc en Europe à une montée des formations de la droite traditionnelle,  qui promettent chacune des mesures d’austérité pour faire face à la crise la plus grave à laquelle est confrontée l’Europe.

Simultanément, une grande majorité des pays européens – Grèce, Portugal, Espagne, Hongrie, Allemagne …- annonce des plans de rigueur de grande envergure. Mais tout cela se fait chacun chez soi et chacun pour soi, sans aucune coordination. Or, l’Europe ne sortira pas de la crise sans une action cohérente et concertée pour remettre d’aplomb ses finances publiques, mais aussi pour relancer son économie et renouer avec une politique de croissance. C’est pourquoi il est vital de créer des synergies entre les budgets nationaux des États-membres. Il est vital également de réformer notre fiscalité, de la mettre davantage au service du développement et de la croissance et de l’harmoniser. Nous n’aurons pas d’Union monétaire viable sans Union budgétaire, économique et politique.

Et cette coordination, nous en avons aussi besoin sur la scène internationale. À la veille du Sommet du G20 à Toronto (les 26 et 27 juin), les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne veulent faire passer le principe d’une taxe bancaire, sur le modèle avancé par le Fonds monétaire international (FMI). Ce projet de taxe bancaire mondiale a été rejeté par des pays tels que le Japon, le Canada ou le Brésil; ces derniers arguant que leurs propres banques n’avaient jamais eu besoin de renflouements publics financés par le contribuable pour surmonter la crise. Je forme donc le vœu que surgisse enfin une volonté européenne, seule à même de faire contrepoids dans l’avenir aux grandes puissances mondiales.

Amicalement,