Lettre d’information n°12 – juillet 2010

L’actualité vue d’Europe : les grands enjeux de la Présidence belge de l’Union européenne.

Depuis le 1er juillet, la Belgique préside l’Union européenne ; elle succède en cela à l’Espagne, qui a présidé l’UE pendant les 6 derniers mois. Cette présidence va être un peu inhabituelle, puisque le gouvernement belge actuel gère les affaires courantes en attendant qu’un nouveau gouvernement, issu des récentes élections, soit mis en place. Cela n’a cependant pas empêché la Belgique, pays fondateur de l’UE, europhile et habitué des présidences tournantes, de se fixer des objectifs très importants pour l’avenir l’UE.

Parmi ces objectifs, on compte la mise en place d’un nouveau fonctionnement institutionnel de l’Union européenne. Le Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, a fortement modifié les institutions européennes : à côté du renforcement du rôle et des pouvoirs du Parlement européen, les postes de Président du Conseil européen (Herman Van Rompuy) et de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (Catherine Ashton) ont été créés. Cela a évidemment un impact sur la façon dont les États membres doivent exercer la présidence tournante de l’UE. En la matière, les Belges se sont fixés comme ligne de conduite la discrétion et l’humilité. Leur objectif est de mettre de l’huile dans les rouages et de laisser chacun assumer pleinement ses nouvelles fonctions, ce à quoi on ne peut que les encourager.

Sur le fond, la Belgique a présenté plusieurs axes d’action prioritaire : avancer vers le passage à une économie verte, approfondir l’espace européen de liberté, de sécurité et de justice, obtenir des avancées concrètes dans le débat concernant les services d’intérêt général, renforcer le rôle de l’Union européenne dans les relations internationales…

Plus importants encore sont les objectifs socio-économiques fixés par la Belgique : répondre à la crise économique et financière, et renouer avec une croissance durable et la compétitivité.

Pour la présidence belge, cela passe notamment par :

  • le renforcement du Pacte de stabilité et de croissance, qui doit devenir à la fois crédible et effectif;
  • la mise en place d’une gouvernance économique européenne, permettant d’assurer d’une part que tous les États agissent dans le même sens, et d’autre part que les politiques économiques accompagnent la politique monétaire européenne;
  • la mise en place d’une taxe bancaire, qui permettra d’abonder un fonds de secours en cas de nouvelles difficultés du secteur bancaire (pour que dans cette hypothèse, les contribuables n’aient plus besoin de venir en aide au secteur);
  • le renforcement de la supervision financière au niveau européen, ce qui implique des abandons de souveraineté (la création d’une structure européenne de supervision financière, pleinement indépendante, est ainsi absolument nécessaire);
  • la relance du marché unique, qui avait stimulé la croissance dans les années 90, en s’assurant avant tout de la libre circulation des personnes et des travailleurs ainsi que de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et l’économie parallèle à tous les niveaux.
  • la mise en œuvre de la stratégie UE 2020 (développement d’une économie compétitive, verte et de la connaissance).

{Retrouvez le communiqué du groupe ADLE : « Guy Verhofstadt identifie cinq défis pour la présidence belge »}