Lettre d’information n°15 – décembre 2010

L’accord trouvé par les dirigeants de l’Union lors du septième Conseil européen de l’année 2010 n’est pas à la hauteur des enjeux. Alors que la crise financière en Grèce et en Irlande est loin d’être résolue, de lourdes menaces pèsent à présent sur d’autres Etats-membres de la Zone euro, l’Espagne ou le Portugal notamment. Le FMI, l’OCDE et la Banque Centrale Européenne s’accordent pour dire que la réponse de l’Europe à la crise reste insuffisante. Comme l’a encore dit publiquement ce matin Jean-Claude Trichet, « nous demandons aux gouvernements et autres institutions d’être à la hauteur de leurs propres responsabilités ». A cet égard les conclusions du Conseil européens sont particulièrement décevantes.

L’idée d’obligations européennes a ainsi été écartée sous l’influence, notamment, de la France et de l’Allemagne. Or, les pays européens surendettés ont de plus en plus de difficultés actuellement à se refinancer sur les marchés obligataires. La création en Europe d’un marché homogène d’obligations d’Etat d’une ampleur comparable à ce qui existe aux Etats-Unis serait justement une réponse forte face au risque d’une crise systémique. Ces nouveaux bons du Trésor européens permettraient de mutualiser la dette des pays européens, dans les limites des critères de Maastricht. Avec la réforme du Pacte de stabilité par ailleurs en cours de négociation, la crédibilité de l’euro en sortirait renforcée et les taux d’intérêts des emprunts baisseraient.

De façon générale, on peut évidemment regretter, qu’après l’indispensable mise en place d’une monnaie unique, l’Union européenne ne soit pas allée assez loin dans la mise en place d’une gouvernance économique de la Zone euro. Outre la création des euro-obligations, nous devons travailler dans trois directions:

  • le financement en dernier ressort des pays en difficulté par la BCE grâce à des prêts à taux réduit comme c’est le cas aux États-Unis avec la Banque Fédérale;
  • la poursuite de l’effort de redressement des finances publiques dans chaque Etat-membre de la Zone euro, effort qui est la juste contrepartie de la solidarité européenne;
  • énfin la convergence des politiques économiques, fiscales et industrielles.

Pour être à la hauteur des ces attentes, les responsables européens doivent accepter d’avancer ensemble. C’est la seule façon de construire de manière durable et d’offrir une perspective réaliste à nos concitoyens. C’est le vœu que je forme pour la nouvelle année.

Permettez moi aussi d’adresser à chacune et chacun d’entre vous des vœux chaleureux pour l’année qui vient. Qu’elle apporte bonheur et joie à vous-même, et à tous ceux qui vous sont chers.

Amicalement,