Lettre d’information n°17 – février 2011
Les révolutions qui agitent aujourd’hui le monde arabe bouleversent la real politique qui tenait lieu de diplomatie européenne depuis trop longtemps dans la Méditerranée. Il est urgent de repenser notre politique de voisinage, urgent de prendre en compte les aspirations démocratiques des peuples arabes, urgent de bâtir un partenariat régional. Si l’Union européenne se montrait à la hauteur de ses ambitions à ses propres frontières, cette crise pourrait devenir une formidable opportunité.
Les atouts ne manquent pas pour faire d’une politique euro méditerranéenne rénovée un succès après l’échec de l’Union pour la Méditerranée, que la France ne peut prétendre relancer à elle seule, tant sa voix en la matière a perdu crédibilité et influence. L’Union européenne est, de loin, le premier partenaire commercial des pays du Maghreb et son rôle économique est déterminant dans tout le reste de la région. Le traité de Lisbonne et la création du Service extérieur commun lui donnent les outils diplomatiques nécessaires pour agir de manière cohérente. Mais surtout, c’est la nouvelle donne démocratique de l’autre côté de la Méditerranée qui permet d’envisager une rupture avec les tentatives ratées précédentes de partenariat.
Les défis sont immenses. L’Europe doit d’abord prendre toute sa place dans le débat et les décisions à prendre par la Communauté internationale concernant la stabilité régionale, en particulier en ce qui concerne la Libye. Elle doit participer beaucoup plus activement à l’aide humanitaire à la Tunisie et à l’Egypte, qui font face à un afflux massif de dizaines de milliers de réfugiés. Elle doit aider les processus de transition démocratique en cours, soutenir le développement économique de ces pays, en organisant rapidement une conférence des donateurs.
Le monde arabe si proche pourrait être le premier test de crédibilité de la nouvelle politique étrangère européenne, pourvu que les responsables de l’Union, au premier rang desquels les chefs d’État et de gouvernement, se décident à formuler et à défendre, ensemble, une nouvelle vision des relations euro méditerranéennes, plus respectueuse, plus équilibrée, et plus confiante. L’irruption d’interlocuteurs respectueux de la démocratie et de l’État de droit est une chance. A nous de la saisir. Ce doit être l’enjeu du sommet extraordinaire de l’Union européenne le 11 mars consacré à la crise en Afrique du Nord.
Sommaire
- Qu’en pensez-vous ? Vos suggestions, vos réactions, vos propositions pour l’Europe…
- L’ADLE exhorte la Haute Représentante de l’UE à fournir une aide substantielle à l’Egypte.
- Le Parlement européen soutient la transition démocratique en Tunisie
- « Pas d’accord commercial UE – Corée sans de solides garanties ».
- Le Parlement soutient la fin de la « guerre de la banane ».
- Sud Soudan : « L’UE doit accompagner le processus politique ».
- Droits de l’Homme.
- Les autres grands dossiers de la session.
- L’actualité vue d’Europe : Les députés veulent supprimer les sites de pornographie infantile dans l’UE.
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