Lettre d’information n°21 – juin 2011

Aider la Grèce, c’est sauver l’Europe.

Le Premier ministre grec, Geórgios Papandréou a besoin de temps pour changer son pays mais l’Union européenne ne lui en donne pas. Alors que la Grèce a besoin d’un nouvel emprunt d’une centaine de milliards, les ministres des Finances de la zone euro bloquent le versement d’une des dernières tranches du prêt précédent de 110 milliards d’euros consenti l’an dernier, le conditionnant à une austérité accrue, risquant d’attiser encore la fronde sociale. Ce n’est pas une bonne politique que de dresser les peuples contre l’Union.

Bien sûr, la Grèce doit affronter ses responsabilités de membre de la zone euro. Et pas seulement sur le plan budgétaire. Mais il n’est pas crédible de penser que c’est en quelques mois, et même en deux ou trois ans, que ce pays va se réformer en profondeur. On ferait mieux, sans aucun doute, d’aider les Grecs par exemple en mettant en place un mécanisme opérationnel de collecte des impôts, plutôt que de les fustiger, et d’exiger d’eux, toujours plus d’austérité.

La rigueur ne peut être le seul horizon du peuple grec. Ainsi, s’il est de bon sens d’appeler la Grèce à privatiser une partie du patrimoine de l’État, l’argent de ces ventes, au lieu d’être exclusivement dédié au remboursement de la dette, devrait, au moins en partie, alimenter un fonds pour la croissance et l’investissement permettant de moderniser l’économie du pays. Exiger de la Grèce de lourds sacrifices sur le court et moyen terme, ne peut se faire sans offrir, en même temps, des perspectives d’avenir. C’est le message que les dirigeants européens doivent entendre.

Deuxième message : la gouvernance de la zone euro ne pourra fonctionner que dans le respect d’un strict équilibre. D’abord la solidarité. À cet égard, la création d’un Fonds monétaire européen permettrait de transformer la crise financière actuelle en opportunité politique. Personne n’a intérêt à l’explosion de la zone euro et pourtant les Etats membres s’accrochent à leur pré carré budgétaire, ce qui attise la méfiance et la spéculation. Par la création d’euro-obligations et la mutualisation d’une partie de leurs dettes, les membres de la zone euro afficheraient au contraire leur détermination commune à sauvegarder l’euro.

Seconde étape incontournable sur la voie de la gouvernance, pour la Grèce comme pour la France et d’autres, l’assainissement des finances publiques. La Commission européenne vient de mettre en place une procédure baptisée « semestre européen », dont la mesure emblématique consiste à apprécier les avant-projets de budget 2012 soumis par les États membres début mai. La recommandation  pour la France peut se lire comme un « peut mieux faire », notamment dans le démantèlement des niches fiscales et autres exemptions qui pèsent jusqu’à 11% de notre PIB. Rien n’oblige Paris à modifier son budget avant de le soumettre à l’Assemblée et au Sénat mais du moins ses faiblesses sont-elles pointées en amont et non plus commentées en aval, après adoption parlementaire, ce qui rendait l’exercice sans objet.

Mais la rigueur budgétaire, pas plus que la solidarité financière, ne peuvent être l’alpha et l’oméga de toute politique économique. Il faut investir dans l’économie du futur, la recherche et le développement, les universités, les transports, les réseaux à haut débit, les infrastructures énergétiques et le gigantesque chantier des énergies renouvelables, démultiplicateur d’emplois non délocalisables. Pour cela, il faut de l’argent. Cet argent existe, c’est l’épargne européenne, la plus importante du monde, qui s’investit aujourd’hui dans la croissance chinoise et la dette américaine. À l’évidence, la mise en place d’un grand emprunt européen pour la croissance et l’emploi en Europe, s’appuyant sur la création d’euro-bonds, d’obligations européennes dirigées vers l’investissement, serait autrement plus utile.

Retrouvez toutes les lettres d’information de Marielle de Sarnez, députée européenne d’Ile de France et présidente de la délégation du Mouvement Démocrate au Parlement européen.
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Lettre d'information n° 63 - octobre 2016

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