Lettre d’information n°22 – juillet 2011
Un budget européen pour une croissance européenne
Il n’est jamais trop tard pour bien faire : en se prononçant pour l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à l’échelle européenne, la Commission européenne se rallie enfin au projet de «taxe Tobin» que nous soutenons depuis une dizaine d’années.
Cette idée d’un prélèvement direct d’une fraction extrêmement faible des sommes qui circulent dans tous les circuits financiers est vraiment bienvenue aujourd’hui. Et on ne peut que souhaiter que cette initiative unilatérale de l’Union européenne agisse demain comme un catalyseur au niveau mondial.
Pour la Commission, le fruit de cette taxe, dont on escompte entre 30 et 50 milliards d’euros par an, doit alimenter directement le budget européen. L’Union européenne est en effet à la veille de redéfinir ses priorités politiques pour la période 2014-2020 et les investissements à conduire pour préparer l’avenir ne manquent pas, que ce soit dans les domaines de la recherche, ou de l’industrie verte et des énergies renouvelables. Cette idée de doter l’Europe d’une ressource propre et stable est également portée par nous depuis longtemps.
L’autre ressource envisagée est une fraction de la TVA payée par les consommateurs européens. Ainsi, sur une TVA à 19,6%, 1% serait affecté au budget de l’Europe. C’est une manière d’impliquer le contribuable européen au financement des politiques communes qui nous assurent, par exemple, une alimentation saine, abondante et de qualité, grâce à la PAC, qui demeurera le premier poste de dépenses ou de préparer l’avenir technologique européen avec, par exemple, le projet de géo-localisation par satellite.
Enfin, la Commission européenne veut aussi capter l’intérêt de l’épargnant européen en ouvrant la voie à un grand emprunt adossé à la Banque européenne d’investissement pour moderniser les infrastructures européennes de transport, de télécoms et d’énergie. Cet appel à l’épargne publique, nous l’appelions de nos vœux depuis le début de la crise tant il paraît évident que l’épargne des Européens sera plus utile à la croissance et à l’emploi des Européens qu’au financement de la dette américaine ou du développement économique chinois.
Ces propositions incarnent un projet citoyen : il est temps que les Européens se saisissent de l’Union européenne. Aujourd’hui, son financement repose sur d’opaques tractations entre États, avec des systèmes compliqués de dérogations, de ristournes et de rabais. Avec ce système de ressources propres, l’Europe gagnera en autonomie mais aussi en transparence.
Sommaire
- « C’est maintenant que les peuples arabes ont besoin de nous ».
- Marielle de Sarnez salue le discours volontariste du Premier ministre polonais.
- Il est du devoir de l’UE de maintenir l’aide alimentaire aux plus pauvres.
- Farines animales : mais où est le modèle agricole européen ?
- Droits de l’Homme.
- Les autres grands dossiers de la session.
- L’actualité vue d’Europe : le rythme scolaire.
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